Comment j'ai accepté le diagnostic de la maladie qui a changé ma vie

Publié par Dounia Mérazka - Mercredi 24 mars 2021 - 21:49
Comment j'ai accepté le diagnostic de la maladie qui a changé ma vie

J’avais 18 ans lorsque mon médecin m’a annoncé que ma vie allait se bousculer. À cet âge-là, on gagne nos premiers salaires et on cherche à découvrir des restaurants avec nos amis. On veut passer des soirées en famille autour de bons plats et assister à des anniversaires afin de profiter des délicieux cupcakes et gâteaux remplis de glaçage.

«Dounia, tu ne pourras même plus manger une part de gâteau à ton anniversaire.» Je me souviens, le jour des résultats de mon test de colonoscopie, avoir fixé avec de gros yeux ma gastroentérologue avant de fondre en larmes devant elle. Elle venait de m’annoncer que j’étais atteinte d’une maladie auto-immune nommée maladie cœliaque; une maladie qui se caractérise par l’inflammation des parois intestinales lors de la consommation de gluten. Lorsque, par erreur, je consomme du gluten, je passe ma journée alitée avec des maux de ventre et une fatigue intense. Il n’y a aucun remède pour ça, il faut simplement s’armer de patience et de courage.

Accepter la réalité

Accepter la réalité a certainement été l'étape la plus pénible durant ce processus de nouvelle vie. Lorsque j’ai appris que j’étais atteinte de la maladie cœliaque et que j’étais dorénavant confrontée toute ma vie à ne pas manger comme les autres, à risquer de tomber malade lorsque j’avalais une trace de gluten et à devoir me rendre à de nombreux rendez-vous médicaux pour le restant de mes jours, j’avais cette impression que je n’allais jamais réussir à garder le sourire et à affronter la vie qui m’était destinée.

Je passais mes nuits à naviguer sur le web, à lire au sujet de cette maladie qui touche 1% de la population nord-américaine. Je ne comprenais pas comment il était possible qu’un sort comme celui-ci s’acharne sur moi. Comment est-ce possible qu’un être humain ne puisse pas consommer une baguette de pain ou un simple bol de pâtes?

Le gluten, on en retrouve presque partout. C’est une protéine qui est présente dans le blé, l’orge et le seigle. Que cela passe par un simple hamburger dans un établissement de restauration rapide ou un cornet de crème glacé, le gluten, on en croise constamment dans notre quotidien. Je dois m’en méfier au point de lire chaque ingrédient dont se compose un sachet à épices et de ne pas partager un grille-pain afin d’éviter toute contamination.

Accepter la réalité me prit quelques années. Avec du recul, je me suis initiée à la découverte de nouvelles recettes sans gluten et à des restaurants qui proposaient des menus pour les malades comme moi. Je me suis inscrite à des groupes sur Facebook et sur Instagram afin d’en apprendre davantage tout en tissant des liens avec des personnes qui vivent le même quotidien que le mien. Au fil du temps, j’ai réussi à accepter de plus en plus ma condition et à me motiver à l’apprécier.

Si vous êtes en train de vivre cette étape, sachez qu’elle vous en sera très bénéfique. Prenez tout le temps dont vous avez besoin afin de comprendre, d’accepter, mais aussi de mettre un nom à cette maladie que vous avez. N’y allez pas brusquement, renseignez-vous et n’hésitez jamais à consulter un professionnel de la santé pour répondre à vos questions. Une fois bien outillé, vous serez prêt à affronter votre nouvelle vie.

S’entourer des gens qui comprennent

À mon avis, cette étape-ci est propre à chacun. Malheureusement, certaines personnes sont entourées de gens qui ne cherchent pas à comprendre réellement quels sont les risques, comme le cancer des intestins, par exemple, lorsqu’une personne atteinte de la même maladie que moi ingurgite un aliment contenant du gluten.

Pour ma part, lors de ma période d’acceptation, j’ai eu le besoin de partager à mon entourage mon problème de santé en étant claire sur ce qui était permis, ou pas, pour moi. Je vous recommande fortement de le faire. Après un diagnostic d’une maladie et une fois que vous aurez passé la première étape, expliquez à vos proches votre condition vous aidera non seulement à vous sentir soutenu, mais aussi motivé.

Pour ma part, je prenais le temps d’envoyer des liens et des données statistiques à ma famille et mes amis lorsqu’ils ne comprenaient pas les dangers de la maladie coeliaque. Il est vrai que, pour certaines personnes, assimiler ce type d’informations peut être très compliqué et absurde.

Sachez que des groupes sur les réseaux sociaux sont créés exclusivement aux divers types de maladies qui existent. En vous y inscrivant, vous aurez la chance d’échanger avec des gens partageant les mêmes soucis de santé et vous vous sentirez beaucoup moins seul.

Enfin, peu importe la gravité ou le type de diagnostic que vous avez reçu, n’oubliez jamais de prendre un moment pour vous. Que cela passe par une petite marche, un tour en vélo, un soin de beauté ou même votre série préférée, ne négligez pas les instants précieux dont votre corps a besoin. Le stress affecte grandement la santé physique et mentale alors soyez à l’écoute de votre corps ! 

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